vendredi 12 juin 2009

2009, année rock?



En quelques semaines, le triste début d'année 2009 semble irrémédiablement révolu et rangé au placard des périodes creuses sans grand intérêt. Il aura suffi de quelques semaines pour voir sortir quelques albums excellents, d'autres surprenants et d'autres encore qu'on n'attendait plus.

Au rayon des très bonne surprises on peut déjà évoquer les Horrors et leur second opus absolument génial, Primary colours. En fait, les Horrors ont réussi à passer de semi-tribute-band de garage goth douteux à un groupe plus qu'intéressant maniant cold wave et ambiances atmosphériques et psychédéliques à merveille en quelques années. On passera volontiers sur les discours sur la maturité d'un groupe, qui reste encore très jeune, mais qui a su créer un album hyper concis et bourré de références seventies ou eighties. De Joy Division à Jesus and Mary chain en passant par les Cure, Silver Apples, Neu! ou encore My bloody Valentine, on navigue en terrain conquis, mais quel terrain! C'est sombre, parfois malsain, c'est psyché, c'est post punk, c'est produit par le génie Portisheadien Geoff Barrow et c'est très réussi. Que demander de plus?

Et que dire de Kasabian qui revient aux affaires avec un troisième opus? Après de nombreuses écoutes, on ne peut être que subjugués par ce remarquable album. On retrouve bien sur des tubes imparables à beat très Kasbianesque (Underdog, Fire, ou Fast fuse) mais pas seulement. C’est d’ailleurs là où Kasabian fait très fort, en osant aller dans une direction où jamais certains comme Oasis ou Primal Scream n’ont osé aller. Kasabian assume parfaitement son statut de groupe majeur et va très loin lors de pièces absolulment géniales, entre pop sixties à la Kinks et ballades british aux mélodies imparables (jetez donc une oreille à West river silver bullet ou Secret alphabets). Le résultat est vraiment convaincant et on se dit que, finalement, Kasabian a sorti là son meilleur album de tous les temps, un album à écouter et réécouter en boucle sans problème.

Derrière ces deux mastodontes d’efficacité et de qualité, il ne faudrait pas oublier les Québecois de Malajube qui nous reviennent avec leur dernier effort, le bien nommé Labyrinthes. Comme d’habitude avec Malajube, on se retrouve dans une pop mélancolique parfaitement interprétée, tantôt lyrique et cotonneuse, tantôt plus rock et enlevée. Malajube devient une valeur sûre et tape une nouvelle fois dans le mille quelques années après Trompe l’œil. Nous sommes tous des Québecois.

Il faut aussi retenir Outside love, dernier album des Pink mountaintops qui sont ici au top, sans mauvais jeu de mot. Une fois digérées l’extraordinaire aventure Black Mountain et la charmante parenthèse Lightning dust, Stephen Mc Bean s’est entouré de la crème de la crème ès rock indie canadien pour donner vie au troisième album du groupe. Il est excellent (malgré une pochette absolument hideuse), dans une veine psyché et ballades rock caractéristiques depuis les débuts. On se laisse aller dans le monde superbement torturé des sommets roses.

Pour ce qui est de planer, les charmantes demoiselles d’Au revoir Simone y connaissent quelque chose. Leur dernier opus sorti ce printemps est également très réussi. Foncez l’écouter, et laissez vous perdre dans cette ambiance atmosphérique qui vous emmène très vite, très loin et ne vous laisse jamais vraiment retomber. La recette de combo féminin accroché à un orgue est connue, mais Au revoir Simone a un petit quelque chose en plus. C’est sobre et psyché, mais très apaisé. Ca sonne parfois eighties, parfois sixties, mais les voix sont toujours envoûtantes. Captivant.

Il ne faudrait pas non plus oublier le come back des Sonic Youth, qui reviennent avec un The eternal laissant quelques fans dubitatifs, mais qui restera encore une fois un album majeur de l’année rock de par son côté Sonic youth, justement. Aucun élève ne dépasse le maître noise et le groupe traverse parfaitement les années. Pas grand-chose de novateur certes, mais une efficacité à toutes épreuves.

En parlant d’efficacité, notons la sortie du premier opus de la jeune et très prometteuse Izia, sorte d’icône rock française quelque part entre Nadj, Pamela Hute, PJ Harvey et Victoria Tibblin. Son premier album éponyme nous offre une dizaine de pièces nerveuses et particulièrement jouissives et efficaces. C’est brut, ça va droit au but et on attend la suite avec impatience.

Pour finir, évoquons quelques réussites à ne pas ignorer. Depeche Mode d’abord, qui revient en force avec un Sound of the universe réussi, ponctué d’un excellent single, Wrong. On aurait pu attendre quelque chose de plus dark et de moins surproduit, mais Gahan et ses compères savent encore faire du bon boulot. On le sait depuis longtemps, mais la source ne tarit pas et c’est bien là l’essentiel. A suivre en live, comme toujours… Un petit mot sur le second album des Radio Moscow certes moins décapant et moins brut que le premier (qui est une vraie référence en revival rock psyché bluesy) mais tout aussi intéressant musicalement parlant. Le dernier album des prodiges pop Grizzly Bear est également à mettre en avant. Le groupe favori de Jonny Greenwood va encore une fois en terre promise avec un album parsemé d’expérimentations, de bricolages et de morceaux pop étonnants. Moins bordéliques que les Animal Collective mais toujours innovants, les canadiens de Grizzly Bear figureront quoiqu’il arrive en haut de classement des albums de l’année 2009.

Que de bonnes chose à écouter, donc, en ce printemps quelque peu morose, et tant de bons morceaux à se mettre sous la dent… Miam !

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